Utilisation de l’eau

L’eau est un élément important de la production des sables bitumineux. À mesure que l’industrie des sables bitumineux prend de l’expansion, la demande de ressources hydriques augmente au Canada.

L’industrie canadienne des sables bitumineux est un chef de file de la recherche et de l’implantation de technologies visant à maximiser le recyclage et à utiliser de l’eau souterraine salée ou d’autres sources d’eau non potable en remplacement de l’eau douce.
 
Dans le cadre des opérations minières d’exploitation des sables bitumineux du nord de l’Alberta, on recycle entre 80 et 95 % de l’eau utilisée. Les efforts d’optimisation de la consommation d’eau ont permis d’augmenter les quantités de bitume extraites ces 20 dernières années, sans pour autant augmenter la consommation d’eau douce, et cette tendance devrait se maintenir.
 
Dans le cadre des opérations minières, on utilise de l’eau tiède pour séparer le bitume du sable et de l’argile. Dans le cadre du forage in situ, on utilise de l’eau pour générer la vapeur qui chauffera le réservoir, et permettra au bitume de s’écouler jusqu’aux puits de production. Les usines de valorisation utilisent également de la vapeur pour chauffer le bitume et les produits pétroliers en vue de les transformer, et pour produire de l'électricité. En outre, pour toutes les opérations d’exploitation des sables bitumineux, on utilise de l’eau lors du forage et de l’aménagement des puits in situ, ainsi que dans les camps installés sur les sites. En moyenne, les activités in situ nécessitent 0,4 baril d’eau douce par baril de bitume produit. L’extraction minière nécessite en moyenne 3,1 barils d’eau douce par baril de bitume produit.
Source : ACPP, 2013. 

 

D’où vient l’eau?
 
L’eau provient soit de sources d’eau douce (eaux de surface, eaux souterraines non salées), soit de sources d’eau non potable (eau saumâtre, eaux souterraines salées, eaux usées municipales traitées). On ne peut pas utiliser d’eau salée pour l’extraction minière, parce que la salinité nuit au processus de séparation; par ailleurs, le sel présent dans les bassins de décantation nuirait à la remise en état. On utilise beaucoup d’eau durant la mise en route de nouveaux projets miniers, mais moins à mesure que le temps passe.
 
Pour certains projets in situ, l’eau douce est entièrement remplacée par de l’eau non douce. Le projet Jackfish de Devon Canada Corporation est un des projets d’exploitation des sables bitumineux qui utilisent uniquement de l’eau saumâtre pour produire la vapeur nécessaire à la séparation du pétrole et du sable.

Bassin de la rivière Athabasca
 
Parce qu’il est la source d’eau douce principale de la région des sables bitumineux, le bassin de la rivière Athabasca joue un rôle important pour l’industrie et le paysage écologique de l’Alberta. La rivière Athabasca prend sa source dans les Rocheuses et coule vers le nord-est de la province, en traversant les municipalités de Jasper, Hinton, Whitecourt, Athabasca et Fort McMurray avant de se jeter dans le lac Athabasca. Le bassin débouche sur l’océan Arctique.
 
La rivière Athabasca est un des cours d’eau les plus surveillés au monde; des analyses constantes garantissent que les activités industrielles ne nuiront pas à la qualité de l’eau et au débit de la rivière. Même si l’on prévoit une croissance de l’exploitation des sables bitumineux, les bassins des rivières Athabasca et Beaver et de la rivière de la Paix (où l’on exploite les sables bitumineux) comptent encore parmi les bassins fluviaux les moins utilisés de l’Alberta.
 
Gestion de l’utilisation de l’eau
 
L’industrie canadienne des sables bitumineux est un chef de file de la recherche et de l’implantation de technologies visant à maximiser le recyclage et à utiliser de l’eau souterraine salée ou d’autres sources d’eau non potable en remplacement de l’eau douce. Les efforts d’optimisation de la consommation d’eau ont permis d’extraire davantage de bitume au cours des vingt dernières années sans augmentation proportionnelle de la consommation d’eau douce, et on s’attend à ce que cette tendance se maintienne.
 
Afin de faire baisser davantage la consommation d’eau douce, les producteurs utilisent de l’eau souterraine saumâtre ou salée (eau provenant d’aquifères profonds qui n’est pas potable et ne peut être utilisée pour l’agriculture) à la place de l’eau douce. Pour certains projets in situ, l’eau douce est entièrement remplacée par de l’eau non douce. Le projet Jackfish de Devon Canada Corporation est un des projets d’exploitation des sables bitumineux qui utilisent uniquement de l’eau saumâtre pour produire la vapeur nécessaire à la séparation du pétrole et du sable.
 
Normalement, le traitement de l’eau génère une petite quantité d’eaux usées qui est soit injectée dans des zones d’élimination profondes approuvées, soit acheminée à une usine de traitement approuvée. Dans le cadre de son projet sur la rivière MacKay, Suncor a modifié ses installations de traitement des eaux usées afin de réduire encore plus la quantité d’eaux usées générée, et utilise un système pleinement fonctionnel sans aucun rejet liquide au sein de l’industrie des sables bitumineux. Ce genre de système présente divers avantages, notamment la possibilité de recycler plus de 98 % de l’eau consommée.
 
Réglementation
 
L’organisme albertain de réglementation de l’énergie supervise la consommation d’eau de l’industrie. Les utilisateurs d’eau doivent demander l’autorisation de détourner l’eau douce de sa source d’origine. La quantité d’eau allouée est calculée en vue de préserver les eaux souterraines et de surface de l’Alberta.
 
Chaque secteur demande des permis d’utilisation de l’eau, et le gouvernement alloue les quantités d’eau en fonction de ces demandes. En 2014, l’industrie des sables bitumineux a obtenu environ 8 % des allocations totales d’eau de la province. Mais, en fait, cette eau n’a pas toute été utilisée. L’industrie des sables bitumineux consomme moins du tiers de l’eau qui lui est allouée chaque année.
 

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